samedi 17 mars 2018

Anguillules du vinaigre mauricettisées



Suite à de nombreuses demandes d'aquariophiles paniqués, Aquazolla a lancé un programme de recherche particulièrement ambitieux.

En effet, qui n'a pas eu chez lui une reproduction inopinée, inattendue, mais compliquée à nourrir ? Des alevins non prévus, un Betta qui fait son nid sans permis de construire, des cichlidés mariés sans prévenir à Las Vegas ? Dans mon cas, ce sont bien souvent des reproductions de killis incessantes...
Bref, des minuscules bouches à nourrir, mais plus le temps de préparer des infusoires avec du riz paddy...

Vous pouvez évidemment commander une souche d'anguillules du vinaigre sur Aquazolla, mais il faudra plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour que l'élevage de ces bestioles soit productif.

Même si vous avez pris la précaution d'avoir toujours un petit élevage d'anguillules à portée de main, la corvée de la récolte commence : un tube à essai, un bouchon de coton ou de perlon, puis un peu d'eau pure, et attendre... Les anguillules traversent alors le coton pour accéder à la surface, mieux oxygénée.
En réalité, en procédant ainsi, vous ne faites que les concentrer dans le petit volume d'eau claire en haut du tube, ce qui est déjà pas mal. Mais l'idée selon laquelle cette eau serait moins acide que le vinaigre est une illusion : la pression osmotique est un phénomène qui fait qu'en très peu de temps, l'acidité est homogène dans toute la solution... Jamais le coton n'a arrêté les molécules acides !

C'est long, pas très productif, et on introduit de l'acide dans le bac d'élevage en quantité variable.

C'est dommage, car les anguillules sont une vraie bénédiction pour faire passer la période critique des premiers jours aux très petits alevins. Leur épaisseur de quelques microns les rend plus fines que certains infusoires ! Idéal pour les petites bouches de nos alevins...

Le Centre International de Recherche d'Aquazolla, basé à Marolles-le-Vaseux, tout près de Boutillon-sur-Glaise et dirigé d'une main de maître par Mauricette assistée de Stalker (star du forum poubellarium,fr, surnommé « le Génie-des-Marais »), a relevé le défi.

Après des mois d'efforts, nous avons la fierté de vous annoncer la mise au point d'une technique inspirée de la recherche spatiale pour séparer les anguillules de leur solution acide.
Ainsi filtrées, elles peuvent vivre une bonne semaine dans l'eau.
Elles ne peuvent s'y reproduire, et il faut donc les donner immédiatement à vos alevins pour qui elles constituent une parfaite première nourriture, extrêmement fine et surtout nageant dans tout le volume d'eau.

Bien sûr, la technologie employée est classée secret défense.
Nous avons tout essayé pour influencer le comportement des anguillules : la lumière, la température, la saturation en oxygène... et nous avons finalement mis au point un protocole beaucoup plus efficace, découvert un peu par hasard et basé sur la peur.

Un jeune laborantin pakistanais (pas payé mais nourri-logé dans la cave du siège d'Aquazolla) avait remarqué un phénomène étrange : chaque fois que Mauricette approchait des flacons de cultures d'anguillules, les millions de petites bestioles se massaient dans la partie opposée du récipient.
Des tests ont confirmé ce fait, et nous avons pu mettre au point un système de tuyaux avec Mauricette toute-nute à une extrémité, et moi à l'autre.


Les anguillules, affolées, se massent bien évidemment de mon côté, et nous les filtrons ensuite par ondulations vibratoires à tri-battement bilatéral, comme on avait fait avec mes spermatozoïdes pour concevoir Mattier-Junior.


Pensez-y pour vos reproductions, lorsque les alevins sont encore trop petits pour avaler des daphnies nouvelles-nées ou des nauplies d'artémias.
Cela peut vous permettre de passer les 2 ou 3 jours fatidiques, les anguillules restant vivantes le temps nécessaire et les alevins baignant dans cette nourriture vivante nageante.
En espérant que cela sauvera le plus de pontes possible...

Saluons cette avancée technologique pour l'aquariophilie, pour la science, et surtout pour la France !


jeudi 15 mars 2018

Donnez vie à l'eau !

Nous en avions déjà parlé dans ce billet du blog : l'apparition du cycle de la vie dans nos poubellariums ressemble beaucoup à un condensé de l'apparition de la vie sur terre.

J'ai placé quelques seaux remplis d'eau de pluie dans mon jardin à l'automne. Je pourrais vous faire croire que j'avais l'intention d'engager un programme de recherche et d'étude, mais en vrai c'était juste pour emmerder Mauricette.
J'ai mis les seaux en plein milieu de la terrasse, là où ça gêne le plus, et je lui ai fait croire que c'était absolument capital pour mes recherches scientifiques.

J'ai collé une feuille morte avant l'hiver dans chaque seau, et paf.

Hier, j'ai attendu que Mauricette s'absente pour aller chez le vétérinaire (elle perd ses poils sur le ventre) et je suis allé faire des photos de mes seaux.


Et là, qu'est-ce qu'on voit-il ?

On pourrait penser qu'il s'agit d'eau verte, formée d'algues microscopiques. Il est vrai qu'il y en a dans certains de mes poubellariums installés depuis plus longtemps que ces seaux.

Mais, si l'on remue un peu l'eau, on s'aperçoit que l'eau est limpide. C'est simplement un voile très fin, un film verdâtre qui s'est formé en surface. Et ça mousse !

Ce sont en réalité des cyano-bactéries, donc pas vraiment des algues.
Les scientifiques considèrent aujourd'hui que ce sont les cyano-bactéries, apparues il y a plusieurs milliards d'années sur terre (et donc vers le début de la vie de notre planète), qui sont à l'origine de la formation de notre atmosphère telle que nous la connaissons.
Les cyano-bactéries ont inventé la photosynthèse, bien avant les premiers végétaux. Alors que la vie n'existait que dans les océans, elles ont dégagé l'oxygène nécessaire à la poursuite de l'apparition de la vie complexe sur terre.

Même si, dans mon jardin, les dinosaures sont déjà largement apparus (je dis ce que je veux de ma femme !), il semblerait bien que mes seaux se préparent à revivre l'histoire de la terre sur ma terrasse.

Normalement, l'étape suivante sera l'apparition des premières algues, puis des premiers copépodes. Inutile de les introduire, leurs œufs sont contenus par milliers par la poussière portée par le vent, voire par les fientes des oiseaux de passage.

Mars est un mois passionnant au jardin si vous avez un simple seau d'eau, ou mieux un poubellarium.

N'attendez pas l'introduction des poissons en mai ou juin pour vous y intéresser. On apprend énormément à observer maintenant. Et ce que vous apprendrez, ce que vous observerez au printemps dans l'eau "sale" de vos poubelles, c'est cela qui fera votre culture générale aquatique. Celle-là même qui vous servira à interpréter correctement l'environnement de vos poissons.

L'aquariophilie naturelle exige de connaître le milieu de vos poissons encore mieux que les poissons eux-mêmes. Le temps que l'on ne passe pas à nettoyer des filtres, piloter les machines, changer l'eau, etc. , on le passe à observer et comprendre. Voire sentir.

On attend un pic fugace de gel pour ce week-end, mais la vie aquatique s'en fout : l'équinoxe arrive dans une semaine, la lumière est là et c'est elle qui crée la vie dans l'eau. Pas la température.

Allez ! On sort les tubas, les loupes, les seringues, les pots et les bidons, et on va au jardin. Même les poissons restés au chaud à l'intérieur vous en remercieront !


mardi 13 mars 2018

Croissez et multipliez !

Il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles en ce début de mois de mars...

D'abord, malgré une fin d'hiver très rigoureuse, Mauricette a survécu et est en parfaite santé.

Maintenant, les bonnes nouvelles.

La vague de froid qui a duré deux bonnes semaines a bloqué toutes les expéditions d'Aquazolla.
Merci donc pour votre patience, puisque vous avez dû attendre vos bestioles et plantes jusqu'au redoux. C'était ça ou vous mettre au sorbet aux aselles !

Mais le redoux est là et bien là, et les expéditions ont repris la semaine dernière.

Dehors, les poubellariums sont bel et bien réveillés.
Le plancton a démarré son développement. On ne peut pas encore parler d'explosion, puisqu'on n'a pour l'instant qu'une eau légèrement verte ou une surface vert-bleue constituée d'un très fin film de cyano-bactéries.

Je vous recommande vraiment d'aller voir vos poubellariums tous les jours en ce moment. Il s'y passe des choses qui peuvent s'accélérer en quelques jours, à tout moment.

Les premiers cyclops sont là et bien là. Encore quelques jours ou semaines et ils grouilleront littéralement en surface.

Pourquoi ne pas y jeter, d'ailleurs, un morceau de peau de banane, de pomme, une poignée d'herbe séchée... pour ensemencer. Les infusoires en profiteront et la chaîne évolutive démarrera.

Quelques daphnies et ostracodes pourront alors être introduits, puisqu'ils auront de quoi se nourrir.

J'ai installé des nouveaux poubellariums de 80 litres à l'automne, tout neufs.
Quelques feuilles mortes dans chacun d'entre eux, une dizaine de daphnies, et l'hiver est passé dessus.
Aujourd'hui, plusieurs mois après, les daphnies commencent à se développer, l'eau verdit et la vie est prête à s'installer. j'y ai même trouvé quelques vers de vase, signe que quelques chironomes ont trouvé l'occasion d'y pondre, sans doute juste avant l'hiver.

Ces poubellariums, quand j'y placerai des poissons cet été, seront déjà vivants et stables, bien plus que si je les remplissais maintenant.

Les aselles, en ce moment, sont énormes et chargées d’œufs. Elles vont mourir, ayant atteint leur dernier stade, et la nouvelle génération va les remplacer.

Même les Tanichthys du bassin commencent à se remuer un peu plus, eux qui ont passé février sous la glace !

Bref, ça va maintenant aller très très vite.
Votre nourriture vivante, vos élevages de bestioles et vos poubellariums à poissons pour l'été se préparent maintenant.