samedi 30 juillet 2011

Petit sondage...

Tiens, juste pour le plaisir, un petit sondage dans la colonne de gauche du blog...
Vous pouvez vous lâcher et plusieurs réponses sont possibles par personne.
Si vous ne trouvez pas votre bonheur (pourtant, j'ai fait mon possible !), laissez vos commentaires ci-dessous !

Feu !

Cératomisez vos bacs !

Dire que j'en ai cherché longtemps !
J'écumais les bourses et boutiques, animaleries et jardineries diverses pour en trouver !
Le fameuse Ceratophyllum demersum, la plante magique...

Je me suis aperçu que peu de commerçants la vendaient. Je sais aujourd'hui pourquoi ! Elle voyage mal, n'est pas toujours très présentable en bac de vente, et envahit tellement les bacs que les clients n'ont plus besoin d'acheter d'autres plantes !

J'en ai finalement trouvé, et je ne m'en sépare plus.

Elle n'est absente d'aucun de mes bacs.

Ce que j'attends d'elle ?

1 – qu'elle serve de refuge presque inextricable aux alevins et autres poissons timides ou fatigués. Car, contrairement à ce que croit tout le monde, les alevins se fichent éperdument de la mousse de Java, qui reste désespérément au fond, alors que tout alevin qui se respecte préfère... la surface ! C'est même le premier geste de la vie des petits vivipares, bébés guppies et autres : s'élancer vite-vite vers la surface pour remplir d'air leur vessie natatoire, qui leur servira toute leur vie. Et puis, tout ce que mangent les alevins est en surface, cette surface grouillante de vie microscopique dépendante de la lumière pour se développer. Tout ce qui est à la taille de leurs micro-bouches est là, dans les premiers millimètres d'eau. Ce sont donc les plantes flottantes à feuilles fines qui sont les meilleures, et la Cerato en fait partie !

2 – qu'elle pousse vite. Parce que je n'ai pas que ça à faire, et que je déteste les plantes qui végètent et font leurs précieuses dans mes bacs... Faut que ça pousse, sinon on va chouiner ailleurs !

3 – qu'en poussant rapidement, exposée fortement à la lumière de la surface, elle dévore au plus vite tous les nutriments dissous dans l'eau comme les nitrates, les phosphates ou autres éventuels métaux lourds gênants. Un bac envahi de Cerato finit toujours par être sain et non pollué. En se nourrissant ainsi comme une goinfre, la Cerato fait une vie impossible aux algues, qui abandonnent vite la partie face à une telle concurrence !

4 – qu'elle soit peu exigeante au point de ne pas avoir besoin de sol. Car mes bacs n'ont généralement pas d'autre sol que le mulm brunâtre, sorte de vase produite par les déjections des poissons et la dégradation des matières organiques diverses. S'il faut en plus jardiner et mettre du terreau au fond, j'abandonne ! J'ai suffisamment à faire au jardin ! Sans sol, j'ai un problème en moins, je nettoie plus facilement, etc. Non mais !
Et il se trouve que la Cerato n'a besoin d'aucun sol et préfère pousser librement en flottant, se contentant de boire plutôt que de manger !

5 – qu'elle ne fasse pas sa maniérée au point d'exiger un chauffage. Mes bacs sont rarement chauffés (mes poisson s'en fichent!). Et surtout, étant adepte du Poubellarium et gourou de Forum http://www.poubellarium.fr, je suis bien obligé de mettre mes plantes en extérieur avec mes poissons en été. Et comme il peut m'arriver d'oublier quelques brins dehors en hiver, va pas falloir faire sa chochotte. Et il se trouve que la Cerato, en tout cas dans mon climat parisien, supporte admirablement bien le froid, et même le gel ! Bref, une bonne fifille bien rustique.

Tout ça pour vous dire que je ne peux plus me passer de la Ceratophyllum demersum qui n'est pas pour moi une simple plante parmi d'autres, mais une sorte de panacée increvable aux mille vertus. Elle fait partie des trois ou quatre plantes indispensables dans mes bacs, une star de l'aquariophilie low-tech !

jeudi 28 juillet 2011

Les aselles, reines des ordures !

On connaît de mieux en mieux les aselles en aquariophilie et leur rôle efficace de détritivores.

Les aselles sont des crustacés (famille des crevettes) apparentés aux cloportes auxquels elles ressemblent beaucoup. Pas beaucoup plus jolies ni plus intelligentes !

Les aselles sont très répandues dans les mares, où elles se nourrissent de végétaux en décomposition, voire de cadavres tombés au fond. En effet, les aselles sont incapables de consommer le moindre tissu vivant. Elles sont donc précieuses, puisqu'elles font le tri, sur une même feuille par exemple, entre la partie saine et la partie morte, ne mangeant que ce qu'il faut et épargnant le reste.

D'où l'idée de certains killiphiles, voilà quelques années, d'utiliser les aselles dans les bacs où ils conservaient leurs œufs. Les aselles s'empressaient de faire disparaître les œufs non fécondés, morts, atteints par la moisissure, et protégeaient ainsi les autres, vivants, de toute contamination toujours à craindre. Les œufs vivants étaient même nettoyés régulièrement de tout fragment de détritus tombé à leur contact. Le pied !

Voilà donc une bestiole qui fait le même travail que celui qu'on attend de nos escargots, mais sans les dégâts qu'ils occasionnent parfois aux plantes et aux œufs.

Alors, pourquoi continuer à utiliser les escargots ?

Tout d'abord parce que la biodiversité est importante et qu'il vaut mieux multiplier les espèces de bestioles qu'en supprimer... mais aussi parce que les poissons ont une fâcheuse tendance à aimer dévorer les aselles ! Les adultes parviennent parfois, si la plantation est très dense, à survivre. Un peu de mousse de Java, de Ceratophyllum ou de Najas, et le tour est joué. C'est ce qui se passe dans la plupart de mes bacs, où les aselles côtoient très discrètement les poissons (surtout ne pas péter !!!).
Mais les petites aselles, elles, servent souvent de déjeuner aux poissons, qui les préfèrent à leurs aînées. Un peu comme les cloportes dont les petits sont tendres alors que les adultes sont trop coriaces pour nos poissons.

De nombreux passionnés de bassin ont résolu le problème en plaçant les aselles dans un compartiment dédié de leur filtre, où elles peuvent assurer leur rôle de dégradation des détritus (feuilles mortes et autres) tout en restant à l'abri de l'appétit des poissons. Bien sûr, quelques individus s'échappent et c'est tant mieux. Elles serviront de nourriture vivante et s'installeront même parfois dans le bassin dans des recoins discrets.

Pourquoi ne pas réfléchir à une semblable utilisation en aquariophilie ? Les aselles interviennent juste avant les ostracodes dans la chaîne de dégradation des déchets, préparant ainsi le travail des bactéries du filtre et du bac. Je pense qu'il faudrait réfléchir à des systèmes de filtration biologiques qui incluraient ces bestioles, leur permettant de vivre et se multiplier à l'abri.

Les aselles ne sont pas aussi prolifiques que d'autres invertébrés aquatiques. Elles ne pondent que peu d'œufs (environ 200 par ponte) au dernier stade de leur croissance. Mais les petits, copies conformes des adultes, sont armés pour survivre.
Pourquoi ne pas leur réserver une partie de la décante ou mieux, un bac pour elles toutes seules ? J'adore personnellement assister aux accouplements, aux combats entre mâles adultes, ou tout simplement voir une aselle muer en s'extirpant de son ancienne carapace chitineuse en se tortillant !

C'est une bestiole qu'on devrait voir dans les classes des écoles, au même titre que les tristes phasmes...


Les aselles sont disponibles sur le site d'Aquazolla.

dimanche 24 juillet 2011

24,6°C à l'ombre !

A en croire certains experts (prêtres ?) de l'aquariophilie, chaque espèce de poisson est adaptée à une température précise, qui est celle de son biotope d'origine. Même si cette affirmation est un peu excessive, on peut globalement la retenir comme juste. Une truite est effectivement adaptée à une eau fraîche et souffrira dans une eau trop chaude. En réalité, dans le cas de la truite, cela n'est pas directement un problème de température, mais de taux d'oxygène dissous. L'eau froide a une capacité de dissoudre l'oxygène bien supérieure, et la truite a un mal fou à respirer dans une eau plus chaude où l'oxygène se fait forcément plus rare. Mais ne pinaillons pas, cela revient exactement au même.

En revanche, un dogme s'est solidement installé dans l'aquariophilie classique, et cela depuis des décennies. Ce dogme nous dit qu'un poisson ne supporte pas une variation brusque de la température de l'eau. C'est la raison pour laquelle, par exemple, nous faisons tous flotter le sac de nos poissons nouvellement achetés. Le but est d'égaliser les températures pour éviter le choc que provoquerait un écart trop important et brusque. Pour éviter un choc osmotique, nous changeons aussi graduellement l'eau du sac pour la mélanger avec celle du bac, mais c'est un autre problème.

Donc, un écart de température risque de rendre nos poissons malades (points blancs, ichtyo, etc.) ou même de les tuer tout net. Et, en aquariophilie classique, ce n'est pas totalement faux, même si c'est un peu exagéré dans la plupart des cas. Mais la prudence ne coûte rien !

En revanche, un poisson dans la nature qui s'enfuit de la surface dès qu'il vous voit arriver encaisse, selon les climats, jusqu'à 6°C d'écart entre la surface et le fond où il va se cacher. Un tel écart n'est même pas imaginable en aquariophilie, nos gourous patentés ne tolérant même pas 2°C de variation instantanée. Ce poisson devrait donc être mort, mais il ne l'est pas... et même, il se marre en nous regardant, le saligaud !

Dans nos poubellarium, nous constatons exactement la même chose. Le gradient de température est important entre la surface et le fond, et nos poissons s'en fichent complètement !

L'explication que j'avance est la suivante : nos poissons d'aquarium sont dans une situation de stress telle qu'ils sont devenus d'une fragilité incroyable. Ce qui devrait être un petit stress agréable (ce qu'on appelle un petit plaisir) devient pour eux un traumatisme, s'ajoutant à des stress déjà trop nombreux. C'est pourquoi un poisson d'aquarium rendu à la nature (ou à un poubellarium) retrouve assez vite une tolérance normale à de nombreux facteurs, comme l'écart de température entre surface et fond, jour et nuit, etc.

Ceci est particulièrement vrai pour les espèces comme les vivipares, originaires de régions au climat continental, mais de bien d'autres également.

Cette remarque fonde presque à elle seule l'aquariophilie naturelle : en levant les stress d'un poisson (bruits de filtre, lumière artificielle allumée brusquement, nourriture industrielle, parois vitrées...), on augmente très notablement sa résistance aux maladies et sa longévité.

vendredi 22 juillet 2011

Les ostracodes : proie ou pas proie ?

Les ostracodes sont de petits crustacés aquatiques, présents sur terre depuis des millions d'années, et dont les différentes espèces peuplent aujourd'hui tous les trous d'eau du globe.

Ils vivent sur le fond et dépendent donc du substrat pour se nourrir.

La plupart des espèces mesurent environ 1 ou 2 mm de long, pas plus, et se présentent sous la forme approximative d'un grain de haricot minuscule qui court ! En effet, même si les ostracodes nagent un peu, ils sont surtout équipés pour galoper sur le fond.

Ils se nourrissent de tous les déchets organiques morts imaginables. Leur rôle d'élimination des détritus aquatiques est absolument capital, puisqu'ils assurent une grande part de la dernière transformation avant de laisser la place aux bactéries, en fin de chaîne biologique de recyclage.

Ils sont donc un maillon essentiel de la chaîne écologique qui va du poisson à la bactérie, et que nous remplaçons habituellement dans nos aquariums par... le filtre. Nous laissons en effet généralement les bactéries faire seules le travail de dégradation des déchets, alors qu'elles sont normalement précédées par une foule d'invertébrés faisant le gros du travail.

Dans mes bacs, les ostracodes sont partout. Il suffit d'une loupe pour les surprendre massés sur une feuille de platane immergée ou par centaines sur les algues filamenteuses qui semblent tant leur plaire.

Une question se pose : comment faire cohabiter ces auxiliaires si précieux avec les poissons, sachant qu'ils sont des proies vulnérables ?

C'est toute la question... Les ostracodes sont-ils des proies prisées de nos poissons ? La réponse à la question est très claire : ça dépend !
Si dans mes bacs à endlers, gavés régulièrement de daphnies et de microvers, les ostracodes vivent en paix et travaillent en toute impunité, il en va autrement du bac de Barbus conchonius !
C'est là tout le drame des ostracodes : peu appétissants, carapacés de calcaire, ils sont considérés comme immangeables par certaines espèces, mais pas par toutes !

La solution la plus sûre serait donc de les placer à l'abri de l'appétit des poissons pour les laisser bosser tranquillement... Un peu à la façon des fanas de bassin qui réservent un compartiment de leur filtre aux aselles, dont ils connaissent l'efficacité nettoyeuse !
On aurait ainsi une sorte de filtre biologique naturel, dans lequel les ostracodes (et pourquoi pas des aselles également) travailleraient gratuitement pour fournir aux plantes du bac de quoi manger à partir des déchets laissés par les poissons ! Sachant qu'avec de la nourriture vivante, ces déchets se résument aux déjections et tissus morts, sans jamais la moindre paillette en excès à éliminer.

Il y a donc mieux à faire que de considérer les ostracodes simplement comme des proies pour les poissons de fond comme les Corydoras. Il faut les considérer comme une élément indispensable de tout écosystème aquatique, comme un constituant-clé du zooplancton, dont l'idée de se passer ne présente un intérêt que pour les fabricants de filtres high-tech !

Au fait, un truc marrant : vous savez que c'est chez l'ostracode qu'on rencontre les spermatozoïdes les plus grands du règne animal ? Il paraît même qu'ils ont des spermatozoïdes plus longs que leur propre corps !
Bon, c'est con, ils ne s'en servent presque pas, puisque c'est un monde dominé par les femelles se reproduisant par parthénogénèse ! C'est pô juste !


Une espèce "nageante" d'ostracodes est disponible chez Aquazolla.

mercredi 20 juillet 2011

Aquarium et compost : même combat !

Avez-vous remarqué qu'un tas de compost correctement mené ne sentait pas mauvais ? On y jette toutes sortes de détritus dégoûtants, on les laisse pourrir, et on obtient une discrète odeur de sous-bois, d'humus, bref, rien de nauséabond. Et dire que j'avais mis le tas exprès près de chez mes voisins !

C'est ce que je réponds généralement à ma femme qui confond parfois jardinage et ménage. Si je l'écoutais, elle me couvrirait la pelouse avec du lino et cirerait les allées.
Dans la nature, la propreté, c'est la mort. La vie a besoin de diversité, diversité qu'on ne trouve que dans cette multitude de débris de toutes matières qui traînent au sol.

C'est l'erreur du jardinage chimique, de l'agriculture industrielle (celle que j'ai apprise pendant mes études)... et c'est aussi l'erreur de l'aquariophilie « clinique ». Vous savez, celle qu'on pratique presque en blouse blanche tellement faut éviter qu'il y ait un poil qui dépasse !
Un bac propre, c'est une horreur !

J'ai connu une dame qui nettoyait son aquarium de 120 litres toutes les semaines. Elle le vidait totalement, mettait ses guppies dans un seau et astiquait le verre dans tous les recoins. Les pierres étaient brossées et toute crasse était retirée. Résultat : les poissons crevaient sans cesse, évidemment.

Mes bacs ressemblent à des fonds de mare. On y trouve des feuilles en décomposition, des déjections diverses et variées de bestioles qui forment une vase au fond, des coquilles de générations d'escargots morts comme un cimetière d'éléphants... et, parmi tout ça, des myriades d'ostracodes qui s'affairent, des aselles qui mangent, des daphnies qui filtrent, des cyclops qui foncent, etc. Bref, un joyeux bordel ! Dans quel aquarium « normal » trouve-t-on toute cette vie ?

Dans un aquarium classique, entre les poissons (vertébrés) et les bactéries du filtre, il n'y a rien. La chaîne est coupée.

La nature exige de la variété, de la « crasse », et toute une chaîne de vie, qu'on nomme « chaîne alimentaire » !

Un aquarium équilibré, comme notre tas de compost, ne sent jamais mauvais.
C'est le cas de mes bacs-fonds-de-mares, qui sentent bon et dans lesquels les ostracodes, véritables détecteurs de pollution, se sentent parfaitement bien !

mardi 19 juillet 2011

La Pépette, premier poisson poubellisé !

Elle n'avait pas de nom, alors nous l'appellerons ainsi !

C'était une toute petite femelle guppy (une « guppette ») que j'avais achetée en animalerie en 2003.
Ayant un manque de place dans ma fish-room pour cause de reproduction de Bettas (aïe!), et comme c'était l'été, j'ai eu l'idée de la mettre dehors.
Il y avait au jardin une poubelle en plastique de 80 litres, l'espèce d'horreur à poignées toute noire que les magasins appellent « poubelle d'immeuble ». Elle était remplie d'eau propre depuis quelques temps, et j'ai décidé que la guppette (Pépette, donc) allait passer l'été dans 80 litres de nature au lieu des 54 litres avec filtre et chauffage de ma fish-room en sous-sol. Il faut dire que j'avais le fantasme, depuis longtemps, de faire retrouver un peu de vie sauvage à mes poissons.

Je me souviens d'elle le premier jour, explorant lentement la surface du récipient, méfiante. Petit à petit, je suis allé jusqu'à l'oublier, ne la voyant vraiment plus. L'eau sombre n'était plus percée par sa silhouette et j'ai alors pensé ce que tout le monde aurait pensé : elle est morte, une guppette ne peut pas survivre à de telles conditions... Les poissons, c'est bien connu, sont faits pour vivre dans des aquariums !

Ce n'est qu'au mois d'octobre (il faisait 11°C dans l'eau) que je risque un coup d'épuisette. Je repêche alors ce qui m'a semblé à l'époque être un monstre. Je ne l'ai pas reconnue tout de suite. Un peu comme si votre épouse s'était transformée en votre belle-mère : deux fois plus grosse, pas du genre à se laisser faire, remuant dans l'épuisette avec une belle vigueur !

Je l'ai remise dans son aquarium après des heures d'acclimatation (passer de 11°C à 18-20°C, quand même!). Observée en compagnie de ses copines restées à l'intérieur, rien de comparable : plus grande, elle était magnifique de reflets, très vive et vorace. Dès les mois suivants, elle me faisait à chaque ponte de 120 à 130 alevins quand les autres plafonnaient à 40 !

Ce n'est que quelques mois plus tard que, sur un forum aujourd'hui disparu, j'ai fait part de l'expérience en réponse à une question d'un internaute. Les réactions furent diverses et variées, mais l'idée du poubellarium était née et l'équipe du forum Poubellarium.fr formée pour le meilleur et pour le pire.
Ce que l'on appelle aujourd'hui l'aquariophilie « low-tech » ou aquariophilie naturelle était sur les rails. La World Company n'avait qu'à bien se tenir !

Pépette (paix à son âme) fut donc comme la première chienne dans l'espace : le point de départ d'une grande aventure !

lundi 18 juillet 2011

1 cm de poisson par litre !

Voilà bien un dogme d'une solidité exceptionnelle ! Depuis mes débuts, c'est le ratio qui est donné par tous les bons livres pour évaluer la population à ne pas dépasser dans un aquarium.

En clair, si votre aquarium fait 120 litres brut, vous avez en gros 100 litres d'eau (en retirant les rochers, le sable, etc.). Vous pouvez donc y mettre au maximum une vingtaine de poissons de 5 cm. En effet, 5 x 20 = 100 ! Donc, un banc d'une vingtaine de cardinalis sera un maximum, même si, en passant, les cardinalis de 5 cm de long existent davantage dans les livres que dans les aquariums français !
Si l'on suit la même règle, on peut mettre dans le même aquarium quatre poissons rouges de 25 cm chacun, sans aucun problème... mais pas plus, hein ! C'est-à-dire 4 monstres qui auront du mal à manœuvrer à chaque fois qu'ils feront demi-tour, les aquariums de 120 litres faisant généralement 30 cm de large !

Cet exemple montre toutes les limites de cette règle simpliste et absolue, que brandissent les « experts » à chaque fois qu'un débutant ose acheter LE poisson de trop ! C'est que, sur certains forums, il en coûte de transgresser les lois célestes !

Un poisson consomme de l'oxygène et surtout salit un aquarium. Il respire et rejette donc du CO2. Il digère et rejette alors des matières fécales et de l'urée (contenant de l'azote). Il perd des écailles, des cellules, ses organes se renouvellent, et tout cela produit des déchets. Bref, il met à rude épreuve les capacités naturelles d'un aquarium à recycler tous ces produits indésirables.
Mais, et on le sait pour tous les autres animaux, la quantité de ces matières consommées et produites n'est pas vraiment corrélée à la longueur de l'animal, mais plutôt à son poids vif. Et quatre poissons de 25 cm pèsent infiniment plus que nos vingt malheureux cardinalis ! En d'autres termes, un mètre de poissons n'a rien à voir avec un mètre d'autres poissons ! Un peu comme si l'on disait que cinq lapins, totalisant la même longueur qu'une vache, produisaient autant de déjections qu'elle... Voilà qui laisse rêveur !
Bien sûr, un petit poisson a une surface corporelle d'échanges proportionnellement supérieure, et cela compte bien sûr également. Ses échanges sont supérieurs en proportion, mais pas au point de rendre cette règle des cm moins ridicule !

J'ai, en ce qui me concerne, une autre règle : peupler « le moins possible » ! Cette règle-là n'est pas plus bête que l'autre, et dit bien ce qu'elle veut dire. Car il est vrai qu'à l'extrême, on pourrait filtrer de façon intensive un aquarium tout petit, en renouveler l'eau toutes les heures, et on pourrait y maintenir des tonnes de poissons ! Et ils se porteraient très bien, à l'étroit, certes, mais bien !

Donc, on peut peupler un bac d'alevins de façon très dense (et c'est ce que font les éleveurs) à condition de maintenir une bonne hygiène. Et hygiène ne veut pas dire « filtration » !

A l'inverse, maintenir un joli couple de xiphos seul dans 80 litres est une chose magnifique !

Souvenons-nous toujours que la densité dans la nature est en-dessous d'un cm de poisson PAR MÈTRE CUBE, soit 1000 litres !
Toutes les règles du monde seront donc ridicules face à cette réalité têtue.
A chacun de faire donc de son mieux, en mettant « le moins de poissons possibles dans le plus d'eau possible » ! En-dehors de cette règle, tout est littérature.

Et le plaisir de voir un tout petit poisson évoluer dans un aquarium immense est inoubliable !

samedi 16 juillet 2011

Aquariophilie naturelle : pourquoi ?

Après trente ans d'aquariophilie, et toutes sortes d'expériences, je me suis aperçu d'une chose : la façon dont nous pratiquons l'aquariophilie nous est dictée par l'industrie.
Tout dans nos habitudes, jusqu'aux bases qui nous semblent les plus évidentes, correspond à un diktat des marchands, qui créent des besoins auxquels, bien évidemment, leurs produits vont répondre.

Je me souviens de mes débuts, où je tâtonnais, et où la seule source d'informations était le vendeur de l'animalerie. Internet n'existait pas, les livres étaient rares et insuffisants, et il n'y avait pas de communauté d'échange.

Je me souviens de ces échecs à répétition, avec pour seule bible le Guide Marabout de l'aquarium. La spirale des problèmes divers, qui aboutissaient à chaque fois à un nouvel achat qui créait un nouveau déséquilibre. Le vendeur savait tout... En tout cas il ne disait jamais qu'il ne savait pas !
Bref, l'aquarium était chose compliquée, scientifique, et cette complexité justifiait l'achat sans fin d'articles divers.

En 2004, à la suite d'une expérience que j'avais tentée par hasard, nous montons avec quelques amis le forum maintenant bien connu sous le nom de Poubellarium, ou PiNC. Nous passions pour des fous, qui bravaient tous les dogmes de l'aquariophilie en mettant dès les beaux jours nos poissons exotiques dans des poubelles au jardin ! Que n'avons-nous pas entendu à l'époque ! Je me souviens même des menaces de procès par quelques énervés de l'épuisette !!! Depuis, cette expérience a attiré des milliers de passionnés qui redécouvrent avec bonheur que l'aquariophilie peut être une chose simple, humble, sereine et naturelle.

Le problème : nous réussissons sans acheter le moindre conditionneur d'eau, la moindre dose de bactéries, le moindre test physico-chimique ! Pas non plus de filtre de haute technologie ni de chauffage ! Et encore moins de diffuseur de dioxyde de carbone !
Bref, une mauvaise affaire pour une industrie qui avait réussi à se prétendre indispensable, avec le concours zélé et intéressé... du vendeur de l'animalerie !

Aujourd'hui, je n'ai plus aucun filtre dans mes aquariums, pratiquement pas de chauffage, pas de pompe à air ni à eau, rien de tout ça !
Je n'utilise aucun produit d'aucune sorte, je n'achète aucun aliment en paillette ni sec ni surgelé.
Bref, je consacre tout mon budget aquariophilie à acheter uniquement : mes poissons, des bestioles vivantes pour les nourrir et de quoi élever ces bestioles ! Rien d'autre. Je libère donc mes poissons de la technologie qui semblait tellement les stresser pour les gaver de nourriture vivante exclusivement.
Et vous savez quoi ? Ils apprécient le changement !

Et dire qu'une chose pourtant aussi évidente réussit à nous étonner !
Faut-il que nous soyons intoxiqués à la technologie !

Je vous propose donc, sur ce site, de retrouver vos poissons et vos aquariums en prenant le temps d'en jouir pleinement, au lieu de passer votre vie les mains dans le moteur !