mardi 24 janvier 2012

Distributeur automatique de nourriture vivante !

Nous sommes en plein hiver ; l'aquariophilie naturelle doit en cette saison se passer des poubellariums et se réinventer en intérieur.

Personnellement, je ne chauffe pas mes aquariums qui sont en sous-sol. Ils affichent donc entre 16 et 18°C maximum, mais cela reste très vivable comparé aux températures extérieures à ne pas mettre un Xipho dehors !

A l'automne, lorsque j'ai rentré tout mon petit monde, la fin de la récréation ayant sonné, j'ai pris soin, comme chaque année, de rentrer également quelques plantes flottantes (lentilles d'eau et Pistias) couvertes de pucerons.

C'est une idée que j'ai eue il y a déjà quelques années, un peu par hasard.

Dans l'aquarium naturel, les matières azotées se dégradent en nitrates sans avoir besoin de filtre, sous l'action des bactéries omniprésentes dans l'aquarium. Ces nitrates sont ensuite absorbés et fixés par les plantes sous l'effet de la lumière. Ce qui signifie que, plus les plantes sont abondantes, luxuriantes, et plus la lumière est forte, plus l'eau de l'aquarium est propre sans qu'on ait à faire de changements réguliers. Généralement, dans un aquarium ainsi mené, les changements d'eau ont au contraire tendance à augmenter les taux de nitrates, tant l'eau de conduite est devenue contaminée, alors que celle de l'aquarium naturel est devenue pure.

Mais le cycle, bien entendu, ne peut pas être complet. Car il faut ensuite, de temps en temps, retirer des plantes et les jeter au compost (si on peut!) pour éliminer ces déchets fixés.

La méthode dite « du puceron tonkinois » mise au point par votre serviteur et tirée de la recherche spatiale, permet de boucler (dans une certaine mesure) le cycle de l'aquarium naturel.
Avec cette méthode, on pourrait à la limite laisser l'aquarium tourner en autarcie un certain temps.

Je m'explique.
Les pucerons amenés à l'automne avec quelques plantes flottantes envahissent rapidement toutes les parties émergées des plantes.

Exemple sur des feuilles d'élodée de mon bac à cyprinidés :



Mais aussi sur des feuilles très fines de Ceratophyllum demersum affleurant la surface dans un bac à Xiphos :



Les pucerons exploitent ainsi les plantes et tirent profit de cette consommation pour se multiplier. Évidemment, comme on le voit sur cette photo de lentilles d'eau infestées, les individus sont très à l'étroit et constituent des proies faciles dès qu'ils tombent à l'eau :



C'est de cette façon que les poissons vont, en les dévorant régulièrement, profiter à nouveau des mêmes matières qui sont auparavant déjà passées par eux, et recyclées par les plantes. On peut laisser un tel aquarium sans nourrir pendant plusieurs semaines, et donc sans apporter de nouvelles matières azotées. Il est en quasi-autarcie, à condition d'être fortement éclairé.

C'est un peu ce que l'on obtient dans un aquarium sans plantes et où les nitrates provoquent une eau verte (phytoplancton), laquelle est consommée par des daphnies, à leur tour proies des poissons. Le défaut de ce système-là étant que les daphnies sont vite exterminées et que le cycle est donc vite rompu.

Avec les pucerons, rien de tout cela : ces petits comiques narguent les poissons depuis leurs feuilles en surface. Ils font bien sûr moins les malins le jour où ils tombent eux-mêmes ou pondent leur progéniture dans l'eau, mais il en reste toujours suffisamment pour que le cycle se perpétue !

Bref, avec cette méthode exclusive du gars Mattier, plus besoin de se débarrasser des parasites, fléaux des cultures et autres plaies d'Égypte : suffit de laisser la nature faire et de regarder en sirotant son café.

Moi, je vous le dis, ça repose après avoir autant creusé pour enterrer ses poubellariums !


Plantes et nourriture vivante disponibles chez Aquazolla.


samedi 21 janvier 2012

Joyeux enterrement !

J'ai la joie de vous annoncer un enterrement dont je suis particulièrement heureux...

Rien à voir avec mon facteur ! Non, il s'agit cette fois-ci de 19 poubelles noires de 80 litres qui attendaient sagement que votre serviteur retrouve sa bêche et son courage. Et comme je range jamais mes affaires...

Donc, détail des opérations, et tout d'abord, la question qui vous brûle probablement les lèvres, tant je connais votre perspicacité et votre professionnalisme : pourquoi 19 poubelles et pas 20 ?
La raison est très simple et n'a rien à voir avec un problème de budget, puisque ce sont des poubelles-premier-prix-carrément-pas-chères-du-tout. En réalité, j'en ai acheté 20, mais ça tient pas. Sans doute la faute à mon mètre-ruban, ça peut pas venir de moi qui ai, vous le savez, le compas dans l'œil.

Donc, 19 poubellariums.

Restait donc à creuser. Mon drame a été bien sûr la météo. Cette année, il n'a presque pas gelé, et je n'ai donc pas bénéficié de cette excuse idéale pour ne pas pouvoir planter la bêche. Coquin de sort !
J'ai donc mis en avant des problèmes de santé et mon âge avancé pour repousser l'épreuve.

Et puis, quelque chose est arrivé. Une grâce, un rayon de soleil, je ne sais quoi. Bref, dès que ma femme a lâché ce satané rouleau à pâtisserie, j'ai commencé à creuser.
Il fallait une tranchée de 10 à 11 mètres de long, large de 60 cm et profonde d'autant pour loger mes précieuses bassines. J'ai ainsi découvert que la couche de terre végétale de mon jardin est épaisse d'environ 40 cm, et qu'elle laisse ensuite place à une terre jaune, sableuse et un peu calcaire, ce dont tout le monde se fiche complètement, mais ça permet de s'occuper quand on creuse.

J'ai donc trié ces deux terres, histoire de garder la bonne pour le potager, éclaté le sol du fond, puis ratissé pour que les poubelles reposent sur un lit meuble et plan.

Enfin, j'ai réparti les 20 poubellariums (zut, y'en a un qui tient pas, pourtant j'avais mesuré, et tout et tout) dans la tranchée avant que les voisins me croient assez sonné pour préparer la guerre et entasser les sacs de sable !

J'ai posé des couvercles pour protéger l'intérieur des poubelles, puis j'ai comblé les interstices avec la terre jaune comme j'ai pu. Arrosage abondant pour faire couler la terre dans les vides, re-comblage, puis re-arrosage.

Le résultat, sous vos applaudissements.



Il ne reste plus qu'à semer quelques herbes, de préférence utiles pour les lapins du fiston, pour que chaque trou d'eau semble plus naturel et que la terre alentour soit retenue en cas d'orage.

Mon épouse m'a aussitôt chaleureusement félicité : « Bon, ben c'est pas dommage que tu bosses un peu de temps en temps au lieu de rien foutre toute la journée devant la télé en bouffant tes chips ! ». Car elle sait combien j'ai besoin d'encouragements...

Prochaine étape : remplissage, ensemencement de l'eau au plancton maison, isolation éventuelle avec film plastique bullé, et y'a plus qu'à attendre le printemps. J'ai hâte !

Et puis tiens, tant que je suis chaud, je vais peut-être enterrer une p'tite vingtaines de cuves de 300 litres, moi ! Ca fera 6 mètres cubes de poubellariums.

C'est comme ça... Quand on est bosseur, on se refait pas !

lundi 2 janvier 2012

Une fleur en plein hiver

Pour vous présenter tous mes meilleurs voeux pour 2012, j'ai choisi cette jolie fleur qui semble braver l'hiver dans mon micro-poubellarium de 20 litres !




Il s'agit d'un  Schizostylis coccinea rose que j'ai simplement posé dans un bac de rangement en plastique de 20 litres rempli d'eau voilà plus d'un an, l'été 2010. Cette espèce fleurit habituellement en octobre, mais cette année, après une première floraison précoce en été, elle a décidé de fleurir à nouveau en décembre !
La faute, peut-être, à la douceur inhabituelle cette année.

Normalement, ses fleurs, qui sortent en automne, finissent prises par les premiers gels.

Cette année, c'est donc une jolie fleur aquatique d'hiver que j'ai pu saisir, et avec laquelle je vous souhaite une bonne et belle année 2012.

Que cette année à venir nous apporte de nouvelles découvertes passionnantes, la curiosité trop souvent réservée aux enfants au bord d'une mare, la capacité à remettre en question les évidences et les dogmes, et tout ça dans l'intérêt de nos poissons.

Une pensée particulière pour ceux qui souffrent.
L'aquariophilie que nous inventons ensemble, à la portée de toutes les bourses et tellement jubilatoire, espérons qu'elle apportera un plaisir simple à ceux qui ont besoin, eux aussi, de se reposer d'un parcours difficile.

Bonne année à tous, et longue vie à l'aquariophilie naturelle !