jeudi 31 janvier 2013

La saison Poubellarium 2012 en quelques mots...

Je profite que Mauricette soit allée passer quelques jours chez son amant (le saint homme !) pour consacrer un peu de temps au blog.
Et surtout, faire enfin ce résumé de la saison 2012 au jardin pour les poissons et crevettes.

Vous vous rappelez sans doute que mes voisins, au vu de mon alignement redoutable de poubellariums enterrés, avaient hurlé au site de lancement de missiles, prenant mes poubelles pour des silos prêts à cracher le feu sur tout le quartier... Ça, plus le mirador de Mauricette à l'entrée, c'est vrai que ça faisait un peu Larzac en danger !

Eh bien, ces poubellariums enterrés sont devenus de magnifiques petits trous d'eau accueillants pour mes poissons, et toute sorte de bestioles bienvenues.

J'y ai introduit avec un grand succès des Aplocheilus lineatus, comme prévu. Ces imbéciles se sont reproduits à qui mieux-mieux, pondant dans les racines des Pistias stratiotes. Comme un imbécile, j'ai involontairement distribué ces Pistias dans tous mes poubellariums, sans savoir que je dispatchais ainsi, accrochés à leurs racines... des oeufs en train d'incuber ! Résultat : des bébés Panchax (autre nom de l'Aplocheilus lineatus) dans tous les bacs, et il m'a fallu un moment pour comprendre comment ils étaient arrivés là ! J'en ai rentré une bonne trentaine en tout.

Les Xiphos aussi ; ces fameuses femelles Xipho tuxedo de 2011 qui en étaient à leur deuxième été dehors... Elles n'ont encore fait que pondre et j'ai rentré environ 200 Xiphos de toute taille ! Ces six vétérantes, toujours vaillantes, hivernent actuellement dans mon sous-sol dans un bac en plastique non chauffé, affrontant sans dommage jusqu'à 14°C au plus froid du mois de janvier ! Inutile de vous dire que je commence à bien les aimer, en attendant de les sortir pour ce qui sera, en 2013, leur troisième saison.

Les autres poissons, hormis les endlers qui pondent sans demander la permission, ont réussi leur été, mais sans se reproduire. Les danios (albo, rerio et kyathit) ont tous été repêchés énormes et vifs, par des températures très basses, mais sans alevins. Les divers barbus également, sauf les tetrazona que j'ai retrouvés, un matin, gisant à même la terre, comme s'ils avaient sauté pour échapper à quelque chose. cela reste pour moi un mystère. Les Tanichthys linni sont devenus magnifiques, mais toujours pas de bébés. Pas davantage chez les platys. Je suppose que la prédation des parents a été trop forte.

En revanche, j'ai pu apprécier les avantages des poubellariums enterrés. Leur ouverture étant au ras du sol, une faune innombrable vient les peupler. Les insectes divers, les cloportes, les collemboles... Ces derniers, de nombreuses espèces différentes, occupent très vite la surface. J'en suis venu à penser que certains poissons en faisaient, dans la nature, la base de leur alimentation quotidienne, tant ils sont nombreux et omniprésents.

Les plantes terrestres, elles aussi, envahissent vite le contour de la poubelle, se penchant au-dessus de la surface ou trempant leurs feuilles dans l'eau. J'ai remarqué que c'est justement sous ces feuilles trempant dans l'eau que la micro-faune et le plancton sont le plus denses. Les daphnies, larves de moustiques et escargots grouillent spécialement à l'ombre de ces feuilles d'herbes diverses : pissenlit, plantain lancéolé, chiendent, etc.

La proximité des points d'eau rend d'ailleurs les plantes autour plus grosses et plus belles. L'humidité ambiante, peut-être.

Bref, l'expérience du poubellarium enterré, outre la modération des températures hautes ou basses, a été une source de découvertes que je n'imaginais pas. L'expérience est donc plus que positive, y compris pour les poissons, qui ont semblé adorer ça.

Les crevettes, elles, étaient en poubellarium hors-sol. Quelques Red Cherry ont tenté l'expérience, mais je ne les ai pas rentrées à l'automne, confiant dans les expériences de certains membres du PiNC (dont certains très laids) ayant décrit des résistances au froid insoupçonnées chez leurs crevettes (Neocaridina heteropoda).
Et, effectivement, malgré la prise en glace des dernières semaines, j'ai observé aujourd'hui plusieurs Red Cherry en poubelle de 80 litres non enterrées, bien vivantes et bien colorées.
Attendons le printemps pour en savoir plus !

Donc, une saison que j'avais voulue folle, avec des poubelles plein le jardin, des expériences démoniaques se prolongeant en hiver en poubellarium, et au final encore des choses apprises, d'autres désapprises ou démenties, plein de nouvelles questions à fouiller, et beaucoup de plaisir de gosse accroupi au-dessus de mes petites mares.

On en reparle bientôt avec des photos !

jeudi 24 janvier 2013

Iris des marais... et des poubellariums !


Parmi les plantes que je place dans mes poubellariums, il y a bien sûr le fameux iris des marais (Iris pseudacorus).

C'est une plante de nos mares, présente en France et donc parfaitement adaptée à notre climat.

J'ai trouvé mes premières pousses dans une mare familiale. Les racines sont puissantes et bien ancrées, et il faut se donner un peu de mal pour aller chercher un rhizome entier, capable de reprendre correctement.

J'ai ensuite commencé à cultiver les pousses récoltées dans un bac en plastique à moitié rempli de terreau et de compost, et plein d'eau à ras-bord.
Une saison et un hiver sont passés, et les pieds ont prospéré, se sont multipliés au point que j'ai pu, cette année, en placer des fragments dans presque tous mes poubellariums.

Même le poubellarium baptisé « Mauricette » y a eu droit. Et je vous promets que voir une Mauricette en fleurs, ça fait quelque chose quand on n'a pas connu la guerre.

Résultat : de magnifiques touffes bien vertes, qui ont fleuri dès le mois de mai de leur belle couleur jaune si typique des points d'eau sauvages. Et donc, maintenant, des poubellariums.

L'iris est une plante parfaite pour les poubellariums.
En effet, elle pousse aussi bien avec ou sans sol ; la plupart de mes pieds ont tout simplement été jetés dans les poubellariums sans plus de soins et se sont débrouillés ensuite. Tout juste peut-on conseiller de lester un peu, ou de coincer d'une façon ou d'une autre les très jeunes pousses, pour leur éviter de trop se coucher, le rhizome ayant tendance à flotter.

En plus, ses racines puissantes consomment de grandes quantités d'éléments dissous, la plante entière à nourrir (parties émergées comprises) étant de taille conséquente ! Ces racines forment d'ailleurs très vite un fouillis inextricable et assez rigide (comparé par exemple aux Pistia stratiotes) et protègent ainsi très efficacement les alevins qui viennent s'y cacher de l'appétit des adultes.

C'est donc une plante jolie, nettoyante et surtout résistante au gel. Les miennes passent l'hiver dehors, prises dans la glace, et n'en souffrent pas le moins du monde. Je les retire de l'eau juste le temps de repêcher mes poissons à l'automne, et hop ! Je les remets à l'eau aussitôt.

C'est d'ailleurs là que je vois leur dernière grande utilité à mes yeux : toujours vertes en hiver, elles restent en vie et continuent à renouveler des tissus dont certains pourrissent au fur et à mesure de la pousse. C'est donc au milieu des racines des iris que toutes mes aselles, si précieuses, passent l'hiver, certaines de trouver là de quoi manger en permanence.
Il suffit d'ailleurs d’égoutter une touffe d'iris au-dessus d'une bassine pour y voir tomber des dizaines d'aselles, dérangées dans leurs activités.

Bref, voici une plante sans problème, qui permet de donner un peu de volume esthétique à un poubellarium, les pieds dans l'eau et les feuilles dressées au soleil, et qui coûte juste un petit saut à la mare d'à-côté (en veillant bien à désinfecter sa récolte avant de l'utiliser en poubellarium...).

Manquerait plus que ça se fume, ces machins-là !


Des plantules issues de semis sont disponibles chez Aquazolla.

mercredi 23 janvier 2013

Danio albo : une perle dans un poubellarium !


J'avais sorti l'été dernier des Brachydanios albolineatus, vous vous souvenez ?

Et en fouillant dans mes photos, j'en retrouve certaines prises en fin d'été.

Ces poissons ont été tout ce qu'il y a de discret pendant tout l'été, absolument invisibles depuis la surface.

Pour deviner leur présence, il fallait lâcher un peu de nourriture, la regarder couler, la suivre bien des yeux. On la voyait s'enfoncer, franchir les inextricables buissons d'algues filamenteuses et là, à quelques centimètres du fond, on pouvait apercevoir des silhouettes fugaces qui faisaient disparaître la nourriture ! Quelques ombres extrêmement rapides, en forme de poisson fuselé : mes danios !

Il fallait plonger l'épuisette pour, avec un peu de chance, en ressortir deux ou trois.


On comprend en voyant les reflets de celui-ci pourquoi le nom commun anglais est le « Danio perle ». La photo ne lui rend d'ailleurs pas vraiment justice, tant il est difficile de restituer les reflets presque violets de ses écailles.


Les poissons, hébergés dans un poubellarium enterré de 80 litres (donc frais au fond en été), cohabitaient avec une abondante nourriture vivante, qu'ils n'avaient pas épuisée au moment de les récupérer en fin de saison. On imagine facilement que ça grouillait à souhait au fond du poubellarium !

Rentrés en automne, mes Danios albolineatus n'ont pas fait d'alevins, et je les ai récupérés au grand complet et magnifiques, mais sans bébés.

Ils passent actuellement l'hiver au sous-sol, dans des bacs non chauffés et non filtrés, dont la température varie de 14 à 17°C, avec leurs souvenirs des beaux jours, de soleil et de proies vivantes.

Pour conclure, je pense que l'on peut accorder au Brachydanio albolineatus le Label officiel de compatibilité avec la méthode du Poubellarium, sous les auspices du Grand Poubellarium Cosmique.

Voilà donc un poisson, peu courant dans le commerce, un peu méconnu, mais que j'aime de plus en plus pour sa silhouette, son comportement joueur et ses couleurs nacrées.

Vivement le printemps 2013 !

mardi 22 janvier 2013

Plancton au menu : phyto et zoo !


Puisque je suis en train de trier les photos de cet été, j'en ai trouvé une que j'ai prise un jour où je n'avais pas grand chose à faire.
Parce que, pour trier du plancton à la main comme je l'avais fait, faut vraiment avoir fait le tour de toutes les occupations : j'avais fini de ranger ma collection de timbres, j'avais épilé les jambes de Mauricette et revisionné tous les 13h00 de Pernaut en Replay... bref, un jour de juillet d'ennui profond !

J'ai donc décidé de faire le tour de mes poubellariums pour ramasser et trier du plancton pour nourrir mes poissons restés en aquarium et montrer à mes lecteurs du blog... sauf que j'ai jamais écrit l'article !

Voici donc un résumé de la gamme de plancton-de-chez-Mattier, à la base de l'alimentation de mes poissons, alevins et crevettes. Et je vous garantis qu'avec ça, le résultat n'a vraiment rien à voir avec les affreuses paillettes industrielles du commerce !

Le liquide vert tout d'abord est du phytoplancton (à droite sur la photo). Algues unicellulaires en suspension, il est à la base de toute la chaîne alimentaire aquatique et donc de la vie. C'est lui qui capitalise l'énergie lumineuse solaire sous forme de matière organique, la mettant ainsi à la disposition de tous les autres organismes.
Ce phytoplancton-là est d'une vert-bleu soutenu, trahissant la présence de cyano-bactéries (la spiruline est une cyano-bactérie).
Ce phytoplancton est l'idéal pour nourrir les crevettes, les daphnies et même les très petits alevins qui y trouvent des éléments rares ou complexes évitant les carences diverses.

Le pot rouge contient, lui, des daphnies. Elles sont de cette belle couleur grâce au phytoplancton, justement. Les daphnies d'hiver, ou nourries à la levure (berk !) sont brunes ou même carrément grises. Là, on a affaire à de la bestiole qualité premium, à du top niveau, à de la daphnie de compétition, prête pour les concours agricoles !
N'oublions pas que tout ce que contient chaque daphnie est appelé à nourrir les poissons, qui n'ont que ça comme contact avec la nature et l'extérieur. Ces daphnies gavées de phytoplancton sont donc, à mon avis, essentielles pour la santé de nos pensionnaires, qu'elles rendront plus résistants, plus vifs et plus prolifiques.

Mais il nous reste le pot noir, celui qui contient le côté obscur du poubellarium, j'ai nommé les larves de moustique.

Il y a là des espèces très diverses, mais pour l'essentiel des moustiques piqueurs. En juillet, au moment de la photo, leur cycle s'accomplit à toute vitesse, et ils sont prêts à éclore en quelques jours seulement ! Les poissons les adorent. Je les réserve à mes killies en priorité, qui apprécient cette proie de surface, de belle taille, très attirante par ses mouvements de fuite, et qu'il faut chercher au milieu des lentilles d'eau où elle se cache ! C'est la nourriture préférée des poissons chasseurs...


C'était là la récolte d'une matinée en juillet, dans mes poubellariums dont les poissons ne parvenaient apparemment pas à tout manger ! C'est cette période d'abondance qui déclenche chez les poissons l'envie de se reproduire, la nourriture étant disponible en quantité pour les alevins.

Et on comprend mieux pourquoi, depuis que l'aquariophilie existe, on sait que la nourriture vivante est une condition pour faire pondre la plupart des poissons de nos aquariums.

dimanche 20 janvier 2013

L'horrible monstre du Poubellarium !


En poubellarium comme en bassin, tout le monde vous parlera, avec des tremblements dans la voix, du « monstre », cette affreuse bête qui décime les poissons et dévore les enfants innocents et sans défense. Brrr !

En vidant mes poubellariums cet automne, j'ai récupéré deux exemplaires de ce véritable fléau divin, venu sur terre pour manifester la colère du Grand Poubellarium Cosmique, notre Divin créateur.

J'ai nommé : deux magnifiques larves de libellules !

La première, que voici, est une larve de Zygoptère, groupe des libellules fines et jolies, ces petites allumettes colorées qu'on voit près des points d'eau, et parmi lesquelles on connaît notamment les « demoiselles » et les « agrions ».

Les adultes pondent dans des tissus végétaux morts flottant en surface le plus souvent, et les larves se développent tranquillement, se nourrissant de tout ce qui bouge y compris de leurs frères et sœurs, puisque ce sont des prédateurs aquatiques pendant toute leur vie larvaire.
Les trois petites « plumes » à l'extrêmité de son abdomen lui servent entre autres à respirer. Et on voit à côté d'elle sa mue abandonnée la nuit précédente, Madame ayant grandi chez moi !
Adulte, ça donne ça :

J'ai nommé celle-ci Nadine M., en hommage à sa finesse.

La seconde, à l'allure plus ramassée, est une larve d'Anisoptère, groupe des grosses libellules dont le design est tout droit sorti des bureaux du célèbre fabricant de camions Saviem. Les aeschnes sont parmi les plus connues.

Pas moins goulue que sa copine précédente, elle passe elle aussi son enfance aquatique à boulotter tout ce qui ressemble à une bestiole aquatique, de la simple daphnie jusqu'au précieux petit alevin.

En revanche, ne rêvons pas : les poissons adultes, voire même juvéniles, n'ont pas grand chose à craindre de la sympathique saloperie à la réputation si sulfureuse. Les vers de vase et les daphnies sont à la base de son menu, et elle a déjà suffisamment à faire avec eux pour ne pas se compliquer la vie avec des proies plus grosses et plus vives. Les alevins, oui, les poissons, non !

Cette seconde dame a été baptisée Mauricette, en hommage à... euh... ben, en hommage, quoi !
Une aeschne adulte :


Bien sûr, on peut facilement éviter d'héberger cette mauvaise invitée en grillageant grossièrement le dessus des poubellariums, pour que les adultes ne viennent pas y pondre.
Personnellement, je ne me donne pas cette peine, pensant que tout le monde doit vivre et que ce que prélève éventuellement une larve de libellule est vraiment négligeable dans un grand poubellarium.

J'ai pu constater, en captivité, sa voracité, qui se limite à une demi-douzaine de vers de vase par jour pour une larve de 2 cm. Une fois son festin avalé, les proies peuvent sans problème venir lui chatouiller le museau, sans aucun risque, puisqu'elle n'attaque jamais sans voir faim. Toute la différence avec le loup face aux troupeaux de moutons, qui peut parfois tuer davantage qu'il ne mange, excité par l'abondance des proies.

Bref : les larves de libellules sont des prédateurs, mais sans grand danger pour les poissons adultes. Elles ne sont un problème que si on veut obtenir des alevins, mais une vision « naturaliste » du poubellarium les tolère finalement, en se disant qu'elles ne sont pas si terribles que ça, et qu'elles sont bien moins redoutables qu'un héron qui viendrait pêcher dans nos poubelles ou nos bassins !

samedi 19 janvier 2013

Pas d'aquarium sans ostracode !


On me dit que certains continuent à mettre des filtres pour les aquariums !

Je sais que je suis un brin provocateur, mais on a déjà expliqué ici que c'était parfaitement inutile, puisque ça ne réduit pas d'un microgramme la quantité de nitrates... Et que le résultat de la filtration est également obtenu... sans filtration.

Il est vrai que le saut culturel n'est pas négligeable puisque, même les plus chevronnés parmi nous ont quelques suées avant de débrancher ce qu'on nous a toujours appris être vital pour nos aquariums. On a beau avoir compris que ça ne sert à rien, refait sur une feuille le cycle de l'azote vingt fois, recalculé la quantité d'azote et de nitrates en moles et en grammes, on flippe.
Un peu comme quand on vous dit de sauter dans un filet du haut d'un immeuble ; ça fout les chocottes !

En revanche, on me dit aussi qu'il y a encore, dans ce pays, des aquariums... sans ostracodes !
Oui, je sais, c'est assez incroyable, on se demande même ce que fait le gouvernement devant un tel scandale, mais c'est un fait : l'ostracode est encore absent de nos pratiques, alors même qu'il n'existe pas un centimètre carré de nature aquatique qui ne grouille pas de ces petites bestioles adorables.


Car, contrairement aux bactéries et algues diverses, si on n'introduit pas une souche d'ostracodes dans ses bacs, bassins et poubellariums, ils n'y viendront pas tout seuls.

L'ostracode est cette petite bestiole, apparentée aux crevettes et donc aux daphnies, dont la silhouette évoque irrésistiblement un haricot. Un haricot de 1 mm qui galoperait sur le fond et parfois sur les parois, ne servant apparemment à rien et pas très impressionnant sur le plan intellectuel. Bref, la bestiole con par excellence.

Et pourtant, l'ostracode est tellement universel dans la nature, à la base de toutes les chaînes biologiques, qu'il mérite un peu plus de considération.

Issus de la préhistoire de chez préhistoire, on en trouve des quantités incroyables dans les sédiments du monde entier, et les scientifiques s'en servent pour dater les roches dans lesquelles ils sont fossilisés. Ils existent par milliers d'espèces, nous ont précédés et survivront à tout le monde, y compris aux plus coriaces d'entre nous (je pense par exemple à Mauricette).

Contrairement aux daphnies, la plupart nagent pas ou peu. Ils grouillent au fond. Ce sont en réalité, comme les daphnies, de très petites crevettes habillées d'une carapace enveloppante en deux moitiés (bi-valves), dont leurs petites pattes dépassent à peine. Ils grandissent en muant, et leurs mues riches en calcium font le délice des crevettes, des escargots et autres bestioles aquatiques.

Mais surtout, les ostracodes sont les détritivores tout-terrain de base. Si l'on sait depuis longtemps que les « poissons-nettoyeurs » n'existent pas, on découvre avec l'ostracode un nettoyeur-fossoyeur infatigable, une sorte de fourmi aquatique, présente sur tous les coups et éliminant le moindre déchet en un minimum de temps. Tout tissu mort croule sous leur nombre et est nettoyé en un temps record.
Comme les escargots et les daphnies, les ostracodes ont aussi tendance à faire baisser la dureté de l'eau sur le long terme, en captant le calcium.

Enfin, les ostracodes, comestibles pour les poissons mais pas très appétissant car un peu coriaces, représentent une nourriture vivante de réserve comme aucune autre espèce. Là où une distribution de daphnies est éradiquée par les poissons en quelques heures, les ostracodes sont généralement boudés. Ils parviennent ainsi jusqu'au sol et s'y installent. Ce n'est que lors des petits creux, par exemple quand vous partez en vacances, que les poissons se résoudront à les grignoter. Finis les affreux « blocs vacances » plâtreux du commerce, et bonjour la nourriture vivante permanente !

Et voici comment on transforme des déchets polluants dans un aquarium en bestioles comestibles, vivantes, disponibles en permanence et quasi-invisibles !



vendredi 18 janvier 2013

Mattier est de retour (ça rigole plus !)

On porte à ma connaissance une vague de suicides parmi les habitués de ce blog.
Le désespoir de ne plus lire les billets d'un des plus grands gourous de ce temps semble à l'origine de ces gestes que je déplore profondément, croyez-le.

En revanche, Mauricette, elle, va très bien.
Je le déplore évidemment aussi.

Je vous présente donc mes excuses pour cette longue hibernation qui vous a privés de la fin de cette saison 2012 au jardin et de la réintégration automnale de mes petits protégés.

Mais, à défaut d'écrire, j'ai fait des photos cet été et je devrais pouvoir les trier un peu pour les mettre en ligne.

Pour me faire pardonner, je vous donne ce lien, dans lequel vous verrez une daphnie suivre littéralement des yeux des éléments du phytoplancton, des algues planctoniques se diviser (c'est vraiment magnifique) et des rotifères bouffer (y'a pas d'autre mot !).

Vidéos de daphnie, phytoplancton et rotifère

Bref, vous pourrez ainsi vous immerger dans la vie aquatique naturelle telle que la voient les tout petits poissons de nos aquariums dès lors qu'on leur fait le cadeau de les sortir en été dans des trous d'eau peuplés de bestioles.

Allez leur donner des paillettes industrielles tous les jours, après ça !

Bref, mes voeux 2013 vous sont adressés par ces images de nature, et je m'engage, sur la tête de Mauricette, à faire revivre ce blog pour que nos poissons profitent à fond du retour à la nature que nous leur devons, au moins pendant les beaux jours...

A bientôt donc.