jeudi 21 mars 2013

Des collemboles à croquer !

Je vous parlais récemment de la nourriture vivante, base de l'aquariophilie naturelle et source d'alimentation incomparable pour nos poissons.

Parmi les nourritures que j'aime beaucoup donner à mes protégés, il y a les collemboles.

Les collemboles sont présents absolument partout, sur chaque centimètre carré de terre et même d'eau... ces petits insectes (en réalité aptérygotes pour les intimes) se nourrissent de presque rien (moisissures, déchets divers) et sont un maillon tout à la base de la chaîne alimentaire.

On en a trouvé certaines espèces dans les fourmilières, où ils font le ménage sans être attaqués par les fourmis (on parle d'insectes "commensaux"), et dans tous les endroits possibles et imaginables. Ils vont même jusqu'à faire des dégâts dans certaines vieilles bibliothèques !

L'espèce que j'élève (merci Aquazolla !) est toute blanche et très tendre pour les poissons.



Les collemboles adultes sont une proie naturelle de tous les poissons sauvages, ces bestioles toute légères se promenant sans problème à la surface de l'eau. Leur peau a même été étudiée comme modèle pour sa texture non-mouillable et insalissable.

J'ai moi-même pu observer cet été, dans mes poubellariums enterrés, une foule d'espèces de collemboles ayant pris possession de la surface et mettant ainsi mes poissons à l'abri de toute famine...

Cette nourriture, idéale pour les poissons adultes se nourrissant en surface, est aussi parfaite pour les bébés poissons. En effet, les jeunes collemboles sont des copies conformes des adultes, mais absolument mi-nus-cul-es.
Je les saupoudre à la surface de mes bacs de reproduction et les alevins se servent à mesure de leurs besoins. Et quand je dis "saupoudrer", ce n'est pas une image, tant ces bestioles sont fines et ressemblent à une poudre blanche quand elles sont jeunes.

L'avantage des collemboles, outre le fait qu'ils correspondent au menu naturel des poissons, c'est qu'ils restent vivants et se promènent à la surface de l'eau tant qu'ils n'ont pas été mangés, plusieurs jours s'il le faut. Ils représentent donc un garde-manger idéal, les poissons dans la nature faisant des dizaines de repas par jour et non deux ou trois comme en aquarium !

Autre avantage : cette espèce, contrairement à d'autres, ne risque pas d'envahir la maison et de grignoter les livres, papiers, etc., puisqu'elle ne tient pas une heure sans l'humidité de sa boîte d'élevage (d'où sa joie d'aller à la surface de l'eau !).

Petite photo des bestioles faisant le bonheur de mes endlers en poubellarium intérieur :


Le premier qui se moque de mes photos devra bouffer des paillettes toutes sèches et filer dans sa chambre sans dessert !

En plus, à force de saupoudrer et donner aux poissons, j'en ai déjà croqué quelques-uns sans le vouloir, et c'est pas si mauvais !

Tiens, la même avec un platy abeille qui se régale :


Ces bestioles, à l'origine utilisées par les passionnés de batraciens et amphibiens, sont faciles à élever et très productives. Avec quelques boîtes d'élevage, on peut nourrir plusieurs aquariums tous les jours.

Qui veut goûter ?



mercredi 20 mars 2013

Mousse de plancton : les images !

Je vous en parlais l'autre jour, la saison des poubellariums a commencé malgré le froid et le gel !

L'activité biologique bouillonnante se traduit par cette fameuse mousse verte constituée du premier phytoplancton, essentiellement formé de cyanobactéries (d'où sa couleur vert très vif un peu bleuâtre).

Pour votre plaisir et votre plus grand bonheur, et pour vous prouver que je ne recule devant rien pour vous, je suis sorti de chez moi, j'ai quitté mes charentaises, carrément, et je suis allé en reportage photo contre le mur de la maison orienté au sud.
C'est qu'il a peur de rien, le Mattier, je suis un aventurier mais on se refait pas.
La cause avant tout !

Et là... Tadaaaaaaa :


Quand je vous dis que ça mousse, le phytoplancton, dans les poubellariums !
Des bulles de plancton, c'est beau, non ?

Tiens, une autre, avant que Mauricette ne me rattrape pour me mettre mon bonnet et mon écharpe (Ah ! les femmes !) :


J'en pleurerais, tellement c'est grandiose !

La vie est là, elle naît dans le sein de nos poubellariums, sous nos yeux, et nous ne le voyions pas...

Si c'est pas un beau lancement de saison, ça, hein !

mardi 19 mars 2013

Vive la nourriture vivante !


Un des gros avantage de l'aquariophilie naturelle, en aquarium comme en poubellarium, pour nos poissons, c'est la bouffe !

Un poisson en aquarium traditionnel, en plus de tous les stress occasionnés par la coupure totale d'avec la Nature, mange tous les jours de l'année d'affreuses paillettes industrielles, des comprimés industriels, des « tabs » industrielles, voire même de la gelée naturo-industrielle (voir notre test produit !)
Les jours de fête, il a parfois droit à un peu de bestioles surgelées, et donc mortes, lui qui aime tant, dans la nature, les repérer, les chasser, les poursuivre, les gober toutes frétillantes, etc.

Bref, tout est là : l'aquariophilie traditionnelle fait payer très cher au poisson une prétendue sécurité sanitaire (toute relative d'ailleurs), en lui donnant des repas pires que dans un hôpital public, de la quasi-bouffe en tube. Berk !

Sans compter que cette alimentation tristounette, dont le plaisir est absent, est extrêmement polluante dès lors qu'une partie n'est pas consommée.

Les aliments industriels sont fabriqués à base d'ingrédients comme les farines de poisson, les farines de céréales (pour des poissons!!!), et quelques complexes vitaminés pour faire croire au consommateur que ces produits sont absolument complets et même meilleurs que du poisson frais !
Bref, quelle que soit la forme sous laquelle ils se présentent, ces aliments sont reconstitués à partir d'ingrédients inertes, industriels, transformés en usine et soigneusement sélectionnés... selon leur coût ou par le service marketing !

En aquariophile traditionnelle, on passe son temps à ajouter des technologies coûteuses pour compenser le stress des autres technologies coûteuses, puis on donne des produits coûteux pour soigner les maladies occasionnées par le stress de l'ensemble. D'où les cercles vicieux où semblent pris nombre d'aquariophiles, si on en juge par les milliers de sujets postés sur les forums.
Ainsi va le commerce...

En aquariophilie naturelle, on consacre au contraire son énergie à procurer au poisson du plaisir (dimension largement ignorée en général) et à supprimer les stress. Au total, la mortalité est généralement bien moindre et le coût des technologies quasi-nul.

Une des bases de l'aquariophilie naturelle, en aquarium ou en poubellarium, c'est la nourriture vivante. Généralement aquatique, la nourriture non consommée reste vivante et disponible et ne pollue donc pas. Elle ne part pas dans un filtre, puisqu'il n'y en a généralement pas ! Et surtout, les poissons se régalent, retrouvent le plaisir instinctif de la chasse et de la poursuite.
Lâchez un nuage de daphnies dans un aquarium et vous verrez la nature réapparaître en quelques instants ! Élevez tous vos alevins avec des anguillules du vinaigre ou des microvers, voire des nauplies de daphnies (minuscules) et vous verrez comme leur croissance devient rapide et comme la mortalité chute...

Aucun aliment reconstitué ne contiendra jamais l'infinie complexité de la nourriture vivante pour les poissons : oligo-éléments, enzymes, vitamines, catalyseurs divers, acides aminés, etc. Et surtout, le plaisir du poisson !

Dans ma fish-room, on n'entend pas le bruit des filtres, presque pas de chauffages, pas de pompes... Mais des élevages de bestioles partout, des boîtes bourrées de vers (Grindals, enchytrées, microvers...), des ostracodes dans tous les bacs, des collemboles qui sautillent comme des puces à la surface de l'eau, des aselles nettoyeuses dont les bébés se font grignoter à l'occasion... bref : j'élève moi-même la nourriture adaptée, au lieu de faire fabriquer un ersatz industriel par une usine perdue au fond de l'Allemagne !

Plus simple, meilleur et plus adapté : pourquoi acheter de la soupe en briques quand on a un potager ?

En plus, c'est Mauricette qui est contente quand elle voit grouiller les bestioles dans son frigo (si ! je l'ai fait !)...


Des exemples de bestioles à élever pour nourrir vos poissons sur Aquazolla.

dimanche 17 mars 2013

Eheim : la fin d'un mythe ?


J'apprends complètement par hasard un événement passé assez inaperçu dans le monde aquariophile.
Il s'agit du décès de Gunther EHEIM, fondateur du célèbre fabricant de filtres extérieurs pour aquariums, en février dernier, à l'âge de 93 ans.

À l'origine fabricant de jouets techniques, il crée un jour une petite fontaine pour les décors de trains électriques, et donc une petite pompe.

Il a l'idée de l'utiliser pour « nettoyer » les aquariums et crée ainsi le concept de filtre extérieur en 1963 (j'étais pas né, dis donc !).

Le filtre pour aquarium n'est donc pas né de l'identification préalable d'un besoin biologique, comme on pourrait le penser aujourd'hui, mais d'une simple opportunité technique et commerciale.
Le discours expliquant l'utilité du filtre n'est venu qu'après, l'idée de départ étant juste esthétique et vaguement de bon sens : « nettoyer » !

Depuis, a été élaboré tout un discours scientifique pour justifier a posteriori l'existence, voire la nécessité, du filtre. À tel point que personne, pendant plus de quarante ans, n'a osé imaginer monter un aquarium sans filtre ! Bref, c'est l'histoire d'un coup marketing particulièrement réussi.

Actuellement, la vogue de l'aquariophilie naturelle a donné à certains le courage fou de... débrancher leur filtre. Et ils ont découvert, les uns après les autres, que la catastrophe annoncée ne se produisait pas ! Et même que tout allait aussi bien, voire mieux qu'avec ce satané filtre ! Mais il fallait oser, transgresser LE dogme !

Finies ces heures passées « le nez dans le moteur » à amorcer, désamorcer, rincer, changer les masses filtrantes... Finies ces délicieuses discussions sur les forums sur l'art d'organiser les masses filtrantes dans l'ordre idéal, discussions que l'on sait maintenant purement théoriques et sans fondement réel !

Le filtre d'aquarium, né d'un opportunisme d'entrepreneur de génie, a réussi à s'imposer au fil du temps comme un accessoire indispensable. Un discours scientifique est ensuite venu expliquer ce qui se passait dans ce filtre, oubliant juste de dire que cela se produisait également hors de lui et sans lui !
Pile comme si Mauricette osait un jour se poser la question de savoir si elle serait aussi heureuse... sans moi ! Je serais foutu !

Les vendeurs des animaleries, comme moi d'ailleurs, ont tous été formés dans cette culture (on pourrait même dire « religion ») et transmettent sans broncher ce discours. Il faut dire que, vu le prix d'un filtre actuellement, avec toutes ses technologies dignes d'un Airbus, on aurait tort de se gêner !
La firme l'avoue elle-même, elle devait toujours « sophistiquer » ses produits pour « se défendre contre la concurrence asiatique »...

La disparition de cet homme marque-t-elle la fin d'une époque ?
Le bruit infernal du filtre dans un aquarium sera-t-il bientôt un vieux souvenir pour nos poissons ?

Il y faudra certainement du temps, tant la croyance est ancrée et tant elle satisfait d'intérêts, économiques et même narcissiques, dans le milieu aquariophile...

Saviez-vous que toute référence à ce blog a été carrément... interdite (!!) sur certains forums aquariophiles ? Ce genre de forum sur lequel les débutants sont tancés par les « anciens », qui leur demandent les paramètres physico-chimiques de leur eau avant de bien vouloir répondre à la question :
« Ma lampe marche plus, je fais quoi ? ».

Je ne vous dirais pas de quel site il s'agit, vous seriez capables d'aller me les énerver exprès !
Le virulence étonnante de ces gens contre mon modeste blog révèle bien les enjeux, pas seulement économiques, d'un dogme qui disparaît.
Rebattre les cartes dessert toujours ceux qui avaient la main.

Prions mes frères !

vendredi 8 mars 2013

Démarrez vos poubellariums !

Ami lecteur... Tu veux avoir du succès avec les femmes, devenir musclé et bronzé, réussir ta vie et être admiré de tes voisins, impressionner tes amis, devenir l'idole de ton patron ?
Tout cela, et plus encore, peut être à toi, si tu entres dans le monde...

... du POUBELLARIUM !

Eh oui ! Non seulement je sors d'un stage de rédaction publicitaire chez "Avant-Après.com", mais j'ai la joie de vous annoncer le démarrage de la saison 2013.

Alors, attention, hein : s'agit pas de sortir vos poissons par ce temps, évidemment !

Mais, si par curiosité vous avez laissé l'an dernier votre poubellarium dehors en l'état, vous avez sans doute eu la surprise, ces derniers jours, de le voir "mousser"... En réalité, c'est plutôt qu'à la surface de certains poubellariums (pas de tous) se développe une très fine couche verte, ressemblant à une légère écume, incluant d'innombrables petites bulles vert vif. C'est le premier phytoplancton de l'année, et la première étape visible de la reprise de la vie dans les points d'eau.

Au fond des poubellariums, les larves d'éphémères, de libellules, les vers de vase et les aselles ont résisté tout l'hiver, patiemment.
Mais ces jours-ci, le doute n'est plus permis : tout repart; même les aselles sont devenues grosses comme... Aïe ! Pas sur la tête, Mauricette !... comme de grosses... aselles ! Les femelles ont leur sac d'oeufs sous le ventre et les mâles sont énormes.

De leur côté, les premiers contingents de daphnies arrivent ; quelques grosses magna ont tenu le coup, et les petites pulex commencent à se multiplier, encouragées par ce discret phytoplancton de surface.

Cette surface verte, presque bleu-vert, est d'ailleurs surtout composée de cyanobactéries (la fameuse spiruline en est une, par exemple), moins exigeantes que les vraies algues. L'eau verte sera pour un peu plus tard, la vraie eau verte qui permet à la vie d'exploser littéralement au printemps.

C'est donc le meilleur moment pour sortir les poubelles au jardin si vous ne l'avez pas encore fait. Il gèlera encore, mais ce n'est pas grave du tout. Pas de quoi freiner l'explosion lente mais inexorable du printemps dans nos petits trous d'eau d'aquariophilie naturelle.
C'est maintenant que vos 80 litres, 200 litres ou plus de vie aquatique se préparent.
Quelques ostracodes, aselles et daphnies y sèmeront les bactéries contenues dans leur corps, ensemençant ainsi une biodiversité inestimable, et donnant le coup d'envoi d'une saison de plus pour le bonheur de nos poissons !

Faites plaisir à vos poissons : mettez-les à la poubelle !

Et pour ça, à vos poubelles, baignoires, abreuvoirs désaffectés, récupérateurs d'eau, bassines, piscines gonflables et autres gamelles !
Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour vos poissons, faites-le pour la France, faites-le pour l'Humanité ! Le Grand Poubellarium Cosmique nous regarde, soyons-en dignes.

Sortez vos poubelles, non de non, sinon vous s'rez jamais prêts en mai-juin, allez !

Moi, c'est fait... En plus, elles sont enterrées, elles risquaient pas de bouger, hein !